Numéro 45 - Décembre 2025


Le naufrage

L’équipe municipale, dirigée depuis trois mandats par son maire Denis Bertholom fait naufrage à l’approche des prochaines élections municipales !

En effet, le projet Nexity de construction de 94 logements dont quatre immeubles collectifs en plein centre de Larmor Baden, décidé seul par le maire de Larmor Baden le 30 juillet 2025, n’en finit pas de susciter les oppositions.

Le Scot du Morbihan qui définit les règles d’urbanisme à venir a été jugé illégal et annulé tant en première instance qu’en appel au motif principal qu’il a été adopté par défaut d’analyse de la capacité d’accueil des communes littoral. Denis Bertholom, vice président du département, ne pouvait l’ignorer.

Le projet phare du maire, un hôtel de luxe quatre étoiles avec parking sur l’Ile de Berder, déjà contrecarré par une annulation partielle du PLU, a finalement été annulé par le tribunal administratif et est en voie de l’être par la Cour d’Appel de Nantes à l’issue de son audience du 18 décembre 2025.

Les projets d’extension des campings du Diben et de Kereden ont échoué par mépris de la loi littoral et de la protection de l’environnement.

Le lotissement de L’AFUL à Pen en Toul, projeté sur un espace remarquable reconnu aujourd’hui, comme tel, a été annulé par les juridictions administratives.

Les écoles publiques et privées sous contrat de Larmor Baden ont disparu, faute de population suffisante.

Le village de Larmor Baden est en situation de quasi enclave avec impossibilité pour les poids-lourds de passer par la digue de Pen en Toul, si bien que la plupart des liaisons passent par la route étroite de Kergonano ou par le centre de Baden.

Les pistes cyclables sont impraticables ou inexistantes : au nord, les cyclistes, piétons et randonneurs sont confrontés à une route dangereuse en pente sinueuse avant de rejoindre une piste praticable. À l’ouest, les cyclistes doivent rejoindre une piste après la traversée d’un virage dangereux pour rejoindre Baden par le hameau de Trevras.

Le traitement des eaux usées et des eaux de pluie se fait par la station de lagunage reconnu obsolète par les autorités tandis que la station de Bourgerel est déjà saturée ….

La transparence est absente de la commune :
- Qui sait comment est traité l’accident du port survenu au mois d’août dernier dans lequel un zodiac de la commune a été détruit et un navire de plaisance endommagé, tandis qu’un agent du port a été blessé ?
- Qui a vu Monsieur Bertholom dans un des commerces du village, boulangerie comprise ?
- Qui a vu le même essayer d’apaiser les conflits de voisinage dans cette petite commune de moins de 900 habitants?

Sans compter que les choses ne vont pas s’arranger pour lui et pour son équipe municipale qui compte assumer ce triste bilan et le garder comme conseiller sur sa liste !

En effet Larmor Baden, commune de moins de 1.000 habitants va passer au scrutin de liste avec attribution proportionnelle des sièges de conseiller en fonction du score obtenu. Il sera beaucoup plus difficile pour le maire d’empêcher que se crée une véritable opposition.


Nos lecteurs nous écrivent

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Les constructions sur le terrain des tennis.

Nous avions reçu ce message d'une lectrice :

"Ce matin, M. Guyomard. nous a informé qu’il serait construit à la place du container qui héberge le bureau des tennis un petit bâtiment pour ce bureau et une salle de gymnastique, yoga etc."

En réponse à cette alerte, une de nos lectrice nous écrit :

Le problème est tout de même financier. Cela devient vraiment insupportable sur Larmor-Baden qu’il y ait autant d’argent dépensé pour des projets qui n’ont aucune urgence, aucune priorité, vraiment.

Concernant la salle de gym/yoga, nous disposons des locaux de l’ancienne école Cousteau qui sont tout à fait suffisants et corrects (j’y vais toutes les semaines). Quant au container des tennis, il n’est utilisé que l’été, temporairement et est donc également correct pour l’utilisation qui en est faite. La construction d’un bureau peut attendre le retour à de bonnes finances, non ?

Et je ne vous parle même pas de tous les travaux de voirie en cours dans le bourg. La mairie vous explique que c’est le département ou la Région qui paie. Mais au bout du bout, c’est NOUS. Aucune notion d’économie ou de gestion ?

Nous continuons à dépenser comme si nous étions un pays riche. Or, ce sont nos impôts et taxes foncières qui du coup s’envolent, et sans limite, et nous appauvrit tous, lentement mais sûrement.

Je trouve ces projets personnellement scandaleux alors que le pays est dans une situation d’endettement invraisemblable. Cela devrait tous nous faire réagir.

Et voici la réponse de la rédaction ...

Nous avons retrouvé dans le bulletin municipal distribué en janvier 2025 un chapitre intitulé « vie de la commune ; projet de Pôle multifonctions » consacré notamment au projet qui nous occupe.

Ce bulletin peut être consulté sur le site officiel de la commune.

Il y est précisé, en particulier que :

« l’arrivée de la nouvelle population de retraités a généré un besoin d’activités, de détente et de rencontres entraînant un foisonnement d’Associations représentant des centaines d’adhérents dans des activités multiples »

« la commune a alors aménagé et rafraîchi les bâtiments communaux disponibles tel un ancien local ostréicole, confiée à l’association Ty-plate, créée en 2012 ainsi que les salles de l’école Cousteau, utilisées par l'association Les ateliers de Larmor créée en 2016, qui propose une vingtaine d’activités (200 adhérents environ). »

« … il faut être conscient que ces locaux, dont une aussi longue durée de vie n’était pas prévue, sont devenus aujourd’hui dépassés, mal isolés et difficiles à chauffer correctement avec des fuites dans les toits et ne répondant plus aux nouveaux besoins. Le besoin de création de locaux modernes plus adaptés est devenu évident. »

Puis le bulletin municipal se penche sur la mise en place d’un projet et d’une étude programmatique engagée avec Morbihan Habitat en 2023 et 2024.

L’étude programmatique a conduit à proposer la construction d’un pôle multifonctions sur le terrain communal, rue Charles-de-Gaulle, et celle d’un bâtiment sportif sur le site de tennis, rue du Moulin.

« Une délibération du conseil municipal du 8 juillet 2024, a décidé l’engagement d’un projet portant sur :

1) la création d’un pôle multifonctions sur l’emprise actuelle du foyer des jeunes, permettant l’implantation de:
– la MAM avec 172 m²;
– la médiathèque avec 234 m²;
– des salles Multi activités avec 421 m²;
– des stockages communaux avec 315 m²;
pour un budget global estimé à 3.916.444 €, livrable en juillet 2028.
(les travaux sont en cours de réalisation avec le lancement du projet auprès d'un cabinet d'architectes.

2) la création d’un bâtiment sportif pour permettre des activités physiques et sportives, à côté des terrains de tennis et d’une surface de 317 m² pour un budget de 1.570.362 €, livrable en décembre 2027.
(le repérage géométrique est effectué, les travaux sont imminents)

En outre, le conseil municipal a donné mandat à Morbihan Habitat pour représenter la mairie, assister la commune dans la passation des marchés publics, le suivi et l’exécution des travaux jusqu’à la livraison totale des bâtiments. Le coût de cette assistance est de 145.148 € HT, s’ajoutant au coût des travaux. »

Le problème, s’il y a des contestations, c’est qu’elles sont tardives car le projet annoncé début 2025 est largement engagé. De plus, on ne peut pas reprocher au maire de n’avoir pas communiqué sur ce projet.

Par ailleurs il s’agit d’un projet à but solidaire et collectif qui justifie la participation des citoyens, y compris par l’impôt, contrairement aux lotissements privés ( le Prato, Trevras, Nexity, Urbatys, Bouygues ) qui se multiplient pour le plus grand profit des promoteurs immobiliers, des constructeurs, des spéculateurs et profiteurs en tous genre pour lesquels l’environnement est le cadet de leurs soucis …

À notre avis, ces contestations ne pourraient prospérer que sur la base du non-respect des règles d’urbanisme ou du PLU de la commune. Encore faut-il que ces violations de la loi existent et qu’elles soient démontrées…

La Rédaction.


Permis de construire de l'hôtel de Berder : Procès en appel au TAA de Nantes.

Les associations impliquées dans le procès contre le projet d'hôtel de luxe et 100 parkings sur l'île de Berder, nous communiquent :

" Le procès en appel au TAA de Nantes aura lieu le 18 janvier 2025. Les conclusions du rapporteur public ne sont pas encore connues.".

Nous ne manquerons pas de relater à nos lecteurs le déroulé du procès, aini que le jugement définitif.

Nos lecteurs trouveront ci-joint la décision du tribunal administratif, frappée d’appel, qui a annulé le permis de construire l’hôtel de luxe Giboire.

Voir ici le jugement en annulation du permis de construire.

Dernières nouvelles : l'audience a eu lieu ce jour 18 décembre. Les conclusions du rapporteur public sont défavorables à la requête en appel de la municipalité et à celui de l'OCDL-Giboire. Le jugement en appel sera connu en janvier 2026.

Voir à ce sujet l'article de Ouest France.

Pour aller dans le sens du raisonnement de l'avocat de l'OCDL-Giboire, elle aurait pu ajouter que la surface du projet Giboire représentait 1,60% de la surface de l’Ile, mais aussi 0,000000001% de la surface du département du Morbihan et 1x10-30 de la surface du continent Eurasien !!!

Nous suggérons à l'OCDL-Giboire de rechercher un autre avocat.


Editorial

Permis NEXITY : le maire retoque tous les recours gracieux !

Le permis de construire accordé à NEXITY par le maire L.R. Denis Bertholom a suscité une réaction de rejet d'une grande partie de la population de Larmor Baden.

L'ampleur du projet (que nous avions dénoncé il y a bien longtemps au vu de la description de l'OAP Centre Bourg), la hauteur des bâtiments situés en plein bourg, les problèmes de circulation prévisibles dès maintenant, sans parler des problèmes cachés comme l'augmentation prévisible du volume de traitement des eaux usées par une lagune à bout de souffle et l'élimination des eaux pluviales sur un terrain quasiment totalement artificialisé ont conduit aux dépôts de nombreux recours contre la décision municipale et pour l'annulation du permis;

Les réponses à ces recours sont sans surprise lorsqu'on connaît l'état d'esprit du maire. Tous les recours, à notre connaissance, ont été retoqués, avec des argumentations plus ou moins partiales. C'est "niet".

Concernant le traitement des eaux usées, la commune considère que la lagune de la Saline sera parfaitement opérationnelle dans le futur, malgré les mauvais résultats divulgués par le gestionnaire depuis plusieurs années. Mais la mairie a décrété que tout allait bien, et n'envisage même pas le transfert vers la station Baden-Bourgerel à court terme.

Concernant le traitemant des eaux pluviales, la mairie considère que les calculs du bureau d'étude appointé par NEXITY sont tout à fait corrects et que les riverains n'auront pas à pâtir des ruissellements prévisibles en bas du lotissement.

Concernant l'augmentation éxagérée du nombre de logements, la commune considère que son permis est conforme au PLU et donc cet argument est "sans incidence sur le légalité du projet."

Concernant les problèmes de circulation à l'intérieur et à l'extérieur du lotissement, la commune considère que les éventuels risques générés par le permis ne sont pas suffisament établis et donc ne peuvent induire l'annulation du permis. Donc les ennuis les jours de marché, l'augmentation de la circulation sur la place de la mairie, la circulation des engins de chantier dans la commune, et surtout route de Baden ne sont pas des risques "suffisament" établis.

Enfin, concernant l'urbanisation d'un lieu proche du rivage, la commune répond que "les constructions projetées s’intègrent au tissu urbain pour densifier un quartier existant, conformément à l'OAP et aux injonctions actuelles en zone tendue, en lien avec l'objectif du Zéro Artificialisation Nette" (voir à ce sujet notre article de ce mois-ci). "Le projet litigieux ne renforce pas de manière significative l’urbanisation d’un quartier périphérique (puisqu'il prend place en plein bourg) et n’est pas de nature à modifier de manière importante les caractéristiques du centre-bourg de la commune. Il ne peut donc être regardé comme une extension de l’urbanisation au sens de l’article L.121-8 du Code de l'urbanisme."

Nous laissons nos lecteur juger des arguments de la commune face au refus de la population. M. Bertholom refuse le dialogue et se retranche derrière "sa" légalité. Il ne veut pas voir que son permis dénature complètement le centre bourg. Il ne veut pas entendre les voix de ses concitoyens qui l'ont élu. Monsieur Bertholom ne connaît que les procédures juridiques et veut aller en justive !

Eh bien nous irons en justice. Les associations ne laisseront pas passer ce permis sans réagir et les contribuables financeront l'entêtement de leur maire.


Selon notre correspondant à Larmor Baden ...

Le Groupe Giboire achète le VVF de Larmor Baden.

Nous avons eu confirmation de l'achat du VVF de Larmor par Giboire.

Le terrain d'assise du VVF dépassant les 7.000m², on pouvait supposer un prix de vente d'environ 3 à 4 millions d'euros minimum.

Selon notre correspondant à Larmor Baden, le prix de vente réel serait de 1,3 millions d'euros !

Ces informations posent deux questions:

- La première est de savoir, ce qui pourrait bien expliquer - si elle se confirmait - une telle distorsion entre la valeur marchande du bien et le prix de vente effectif ?

- la seconde est de comprendre pourquoi la Commune de Larmor Baden qui déclare vouloir investir dans le logement social et les équipements collectifs (cf la création actuelle d’un pôle multifonctions pour 3.916.000 € HT et d’un bâtiment sportif pour 1.570.000 € HT ), n’a pas préempté l’achat de ces immeubles en bon état, à proximité du port ?

Une municipalité ne devrait-elle pas toujours privilégier l’intérêt social et général plutôt que des intérêts privés ? »