Numéro 47 - Février 2026


Éditorial.

Élections municipales 2026 à Larmor Baden : ce qui va changer.

1) Règles nouvelles.

En premier lieu, le mode de scrutin jusqu’ici uninominal devient scrutin de liste. Ce qui signifie que les votants ne pourront modifier les bulletins de liste, ni opérer de panachage, ni changer l’ordre des noms.

Il faut savoir que dans le cas contraire ( panachage, modification de l’ordre des candidats ou mention manuscrite ), les bulletins glissés dans l’urne seront nuls.

Ce scrutin de liste permet une répartition des sièges proportionnelle aux voix obtenues avec cependant une prime majoritaire : en effet, la liste majoritaire obtient d’emblée la moitié des sièges et les sièges restants se répartissent à la proportionnelle.

En second lieu, les listes devront être à parité entre les femmes et les hommes. Les listes sont considérées comme complètes dès lors qu’elles comptent jusqu’à deux candidats de moins que l’effectif théorique du conseil municipal (15 sièges à Larmor Baden).

En troisième lieu, dans ce type de scrutin de liste, il n’y aura un second tour que si aucune liste n'obtient la majorité absolue.

2) Élection du maire

Le maire est élu par les membres du conseil municipal lors de la première réunion du nouveau conseil.

Tout membre du conseil municipal, sortant ou nouveau conseiller, peut se porter candidat à la fonction de Maire. Le conseiller tête de liste peut être désigné, mais pas nécessairement.

3) Application au scrutin municipal de Larmor Baden

L’effectif théorique du conseil municipal de Larmor Baden (moins de 1000 habitants) est de 15 sièges, (un maire + 14 conseillers municipaux).

En l’état de nos informations, deux listes se sont constituées.

Pour éclairer le vote citoyen, le Journal de Larmor & Baden propose deux cas pratiques avec une projection en sièges :

Cas numéro 1

Au premier tour, la liste numéro 1 obtient 35 %, la liste numéro 2 obtient 45 % et il y a 20 % de bulletins blancs ou nuls :

Aucune liste n’ayant obtenu la majorité absolue, il y a un second tour.

Au second tour, la liste no 1 obtient 45 % et la liste no 2 obtient 55 %.

Résultats en sièges :

La liste no 2 obtient 8 sièges avec la prime majoritaire plus 4 sièges à la répartition proportionnelle et la liste no 1 obtient 3 sieges.

Cas numéro 2

Liste 1 40 %,
Liste 2 60 %

Il n’y a pas de second tour, car la liste 2 a obtenu la majorité absolue.

Répartition des sièges :

1) prime majoritaire : la liste 2 obtient la moitié des sièges arrondi à l’entier supérieur, soit 8 sièges.

2) répartition proportionnelle du reste 7 sièges :
Liste 1 : 40/100 x 7 = 3 sièges
Liste 2 : 60/100 x 7 = 4 sièges

3) Total :
Liste 1 : = 3 sièges
Liste 2 : 8+4 = 12 sièges


Berder : le permis de construire de l'hôtel annulé en appel.

Les associations Fédération d’associations de protection de l’environnement du Golfe du Morbihan, les Amis des chemins de ronde du Morbihan, Qualité de vie à Larmor-Baden et les Amis du Golfe du Morbihan nous ont communiqué le résultat du procès en appel de la Cour Administrative d'appel de Nantes.

Les requêtes de la société OCDL-Groupe Giboire et de la commune de Larmor-Baden sont rejetées.
La société OCDL-Groupe Giboire et la commune de Larmor-Baden verseront chacune une somme globale de 1.500 euros aux associations Fédération d’Associations de Protection de l’Environnement du Golfe du Morbihan, des Amis des Chemins de Ronde du Morbihan, Qualité de Vie à Larmor-Baden et aux Amis du Golfe du Morbihan au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Voir ici l’arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Nantes du 20 janvier 2026.

Les principaux arguments rejetés par la Cour concernent les aspects réglementaires et environmentaux du projet d'hôtel. L'île Berder est considérée comme un espace remarquable, suite aux différents procès en annulation du PLU de la commune. De fait, aucune construction nouvelle ne peut être réalisée. (voir à ce sujet notre article de février 2026).

Voici quelques articles de presse parus à cette occasion :

Sur l’île Berder, le permis de construire de l’hôtel Giboire à nouveau annulé en appel à Nantes

Après l’annulation du permis de construire un hôtel de luxe, quel avenir pour l’île Berder, dans le golfe du Morbihan ?

À Larmor-Baden, quel avenir pour l’Île Berder ?

Île convoitée du golfe du Morbihan, Berder pourrait-elle passer dans le giron du Conservatoire du littoral ?


LA VÉRITÉ SUR BERDER

Le 6 mars 2020, Denis Bertholom, maire de Larmor Baden, accordait au groupe Giboire, propriétaire de l'île Berder, un permis de construire un complexe hôtelier de 91 chambres incluant notamment un restaurant, une salle de séminaire, des salles d’activité physique, une piscine, etc ... outre 97 places de stationnement.

Le 20 janvier 2026, la cour administrative d’appel de Nantes a définitivement annulé ce permis de construire et consacré le caractère d’espace remarquable pour l’intégralité de l’île.

Aujourd’hui, encore, certains nostalgiques de l’Hôtel de Luxe rêvent de cette solution confiscatoire au profit d’un groupe privé.

C’est impossible pour plusieurs raisons :

1) Parce que le recours au conseil d’État, toujours possible, n’est pas un troisième degré de juridiction : les juridictions suprêmes que sont le Conseil d’État et la Cour de Cassation ne rejugent pas les affaires au fond mais sanctionnent seulement les erreurs de droit.

2) Parce que l’arrêt de la Cour d’Appel de Nantes annulant le PLU aujourd’hui définitif a reconnu que :
« compte tenu de ses richesses écologiques, l’ile de Berder constitue un ensemble insulaire unique, emblématique du golfe du Morbihan et doit être regardée pour sa totalité comme un espace remarquable au sens du code de l’urbanisme. »

3) parce que le représentant du groupe Giboire propriétaire de l’ile prenant acte de cette décision, a déclaré : « l’hôtel ne se fera pas. »

4) parce qu’aujourd’hui, les seuls travaux qui peuvent être engagés sont des travaux de rénovation de l’existant, ainsi que des aménagements légers, à l’exclusion de toute extension du bâti ou toute opération d’urbanisation, telle que la création d’appartements.

5 ) parce que le droit de la propriété privée n’a pas un caractère absolu et qu’il doit céder devant l’intérêt général.

Or, au fil des procédures, l’OCDL Giboire a tenté diverses actions en violation des règles d’urbanisme ou de la protection de l’environnement, souvent avec la complicité active ou passive des pouvoirs publics et de la municipalité.

- elle a par exemple tenté de défricher partiellement l’île avec une autorisation préfectorale (vite retirée) en violation d’une interdiction judiciaire explicite;

- elle a détourné et interrompu le sentier côtier du tour de l’Ile qui est pourtant une servitude légale inaliénable;

- elle a commencé à transformer en appartements le bâtiment de la petite pêcherie ( dossier en cours );

- elle a détourné et transformé à son usage le bâtiment de la Grande Pecherie situé sur le domaine maritime ( changement des huisseries, cheminées, cuisine et 10 chambres …. ) sans permis de construire ni déclaration préalable ! Une enquête pénale est entre les mains du Procureur de la République de Vannes, une perquisition a été conduite dans les locaux et les travaux réalisés par le Groupe Giboire ont été estimés à 500 000 €. ( devis des prestataires au dossier pénal )

Les documents de l’enquête que s’est procuré le Journal de Larmor & Baden montrent que le maire sortant Denis Bertholom était parfaitement informé de ces travaux de transformation … qu’il s’apprêtait à régulariser!

- le maire, sortant Denis Bertholom s’est encore illustré en fermant l’accès du public à l’île de Berder, à plusieurs reprises ( en 2020 puis en 2022, suite à des tempêtes qui se sont abattues sur Larmor Baden ) sous un prétexte fallacieux de sécurité.

Quant au préfet, il a refusé et refuse toujours de dresser contre le groupe Giboire procès-verbal de contravention pour occupation illégale du domaine maritime, malgré deux condamnations judiciaires assorties de l’exécution provisoire … et la poursuite de cette occupation illégale !

Le groupe Giboire pourrait certes rester propriétaire des lieux dans le strict respect de ses obligations : accès du public, respect du sentier côtier, libération du domaine maritime…

Mais il y aurait plus conforme à la réputation du groupe, plus intelligent et plus respectueux de l’intérêt général….

Pour le groupe Giboire , vendre l’île de Berder à la Commune de Larmor Baden avec à la clé le rachat par le Conservatoire du Littoral comme cela, s’est fait pour l’île Tristan en baie de Douarnenez dans une configuration analogue.

Il est vrai que le Conservatoire du Littoral, prêt à acheter Berder, ne peut avoir en charge la rénovation, l’entretien et l’utilisation des lieux. Car tel n’est pas son rôle qui est de préserver l’environnement et la biodiversité.

Là encore il faut regarder vers l’île Tristan où le département et la commune se chargent avec succès de la rénovation et du tourisme, ce qui n’exclut pas le recours à des opérateurs privés et surtout l’emploi de main-d’œuvre locale.

Aujourd’hui, l’île Tristan est à l’abri de la prédation immobilière privée.
Voir ici en fin de la page Wikipedia : Visites et transformations récentes.

Demain, pourquoi pas Berder, enfin et définitivement restituée à Larmor Baden et à l’intérêt général !


NEXITY : recours contentieux contre le permis de construire.

Nous apprenons le dépôt au Tribunal Administratif de Rennes d'un recours contentieux contre la commune de Larmor Baden, pour le permis de construire accordé à la société NEXITY le 29 juillet 2025 par Denis Bertholom, maire de Larmor Baden.

Ce recours est déposé par l'avocat Thomas DUBREUIL pour le compte de l’association de sauvegarde du patrimoine du Chemin de la Fontaine (ASPCF) et trois personnes physiques.

Les principaux moyens utilisés pour demander l'annulation du permis sont :

- le projet témoigne d’une extension de l’urbanisation ne présentant pas un caractère limitée, notamment au sens du SCOT Vannes Agglo;

- la violation des dispositions des articles L. 111-11, R. 111-2 et R. 111-26 du Code de l’urbanisme concernant le défaut de traitement des eaux usées;

- la non-conformité du permis au règlement du PLU liée au non-respect du règlement de gestion des eaux pluviales urbaines de GMVA;

- la violation des dispositions du règlement du PLU afférentes aux hauteurs des constructions.

Aucune date du jugement n'est encore connue à ce jour. Nous ne manquerons pas de vous informer des développements de cette affaire.