Numéro 54 - Novembre 2026
PLU suspendu à Saint Malo pour manque d'eau.
La justice a suspendu le plan local d’urbanisme (PLU) de Saint-Malo « faute de prise en compte suffisante des enjeux relatifs à la ressource en eau ».
Thomas Dubreuil, avocat de l’association Rothéneuf Environnement, qui avait engagé ce recours contentieux, y voit « un message fort et un appel pour beaucoup d’élus à changer de logiciel ».
Le risque avéré de rupture de l’alimentation en eau
Le tribunal administratif a formellement reconnu que le pays malouin présente une « vulnérabilité particulière » et un « déficit structurel » concernant l'accès à l'eau potable. En raison du changement climatique et d'une sécheresse prolongée (toujours en cours dans le département à l'automne 2026), le juge a estimé que l'apport de centaines de nouveaux foyers exposerait la commune à un risque direct de coupure ou de pénurie.
Une croissance démographique mal calibrée
Pour justifier son plan de construction (340 logements à la Houssaye), la Ville de Saint-Malo mettait en avant le dynamisme démographique du territoire. Or, le tribunal a soulevé une contradiction juridique importante (au titre de l'article L. 121-21 du Code de l'urbanisme) : la mairie a planifié une augmentation de la population que les ressources naturelles locales ne permettent pas de satisfaire à ce jour. La justice a ainsi rappelé la nécessité d’adapter l'urbanisme à la « résilience » réelle du territoire.
Verra-t-on le Scot de GMVA ou même le PLU de Larmor Baden retoqués pour la même raison? La période de sécheresse est toujours en vigueur depuis cet été. Gageons que les administrations seront contraintes de prendre en compte ce nouveau critère dans leurs décisions.
Voir ici l'article de SPLANN à ce sujet.
Larmor Baden demande son adhésion au PNR.
Le nouveau conseil municipal de Larmor-Baden a voté le 21 septembre en faveur de la charte du parc. Pour porter sa demande d’adhésion, la commune a rappelé la « qualité patrimoniale » de son territoire, sa « cohérence avec le périmètre classé » et ses liens déjà existants avec le parc pour les trames naturelles, les atlas de la biodiversité, les actions Natura 2000.
Gageons que cette candidature sera acceptée. Les arguments de Denis Bertholom ont été balayés par la nouvelle municipalité. Quels étaient-ils ? L'exemple de l'île aux Moines, qui refuse encore son adhésion, en est l'illustration.
Les raisons invoquées sont : un territoire jugé déjà « super-protégé », le refus de contraintes administratives supplémentaire, les craintes liées au coût financier supplémentaire.
Sur le premier point, en refusant le PNR, la mairie s'évite surtout de devoir rendre son Plan Local d’Urbanisme (PLU) "compatible" avec la Charte du Parc. Même si un PNR n'est pas coercitif, son document cadre (la Charte) s’impose juridiquement aux documents d’urbanisme locaux.
Sur la peur du « mille-feuille » : Une opposition idéologique ancienne remontant aux prémices du Parc.Pour les élus, intégrer une structure intercommunale géante regroupant plus de 30 communes (dont la ville-centre Vannes) risquait de noyer la voix spécifique des insulaires.
Enfin sur l'argument financier : le coût de la cotisation par habitant (quelques euros par an) reste marginal à l'échelle du budget d'une commune touristique comme l’Île-aux-Moines. C'est un argument pragmatique facile à présenter aux administrés. En revanche, l'île se prive aussi en contrepartie des subventions spécifiques, de l'ingénierie technique et de la promotion touristique mutualisée que le PNR apporte à ses membres.
Voir ici l'article du Télégramme.
L'éolien flottant - quelques articles contradictoires.
Dans le Morbihan, le projet Pennavel (AO5) est attribué en mai 2024 au consortium Pennavel (porté par des acteurs belges et allemands), il s'agit du premier parc éolien en mer flottant commercial de France.
Caractéristiques :
• Localisation : au large de Groix et de Belle-Île-en-Mer (à un minimum de 19 km des côtes).
• Capacité : 250 MW (13 à 20 éoliennes géantes pouvant atteindre jusqu'à 340 mètres de haut), destinées à alimenter l'équivalent de 450 000 habitants.
• Calendrier prévisionnel : études d'impact et autorisations en cours (2025-2026), enquêtes publiques, puis une mise en service visée à partir de 2033.
Le raccordement est conduit par RTE, avec un atterrage prévu à Erdeven et un poste terrestre à Pluvigner.
Des tensions et contestations locales sont apparues. Le projet rencontre une forte opposition d'une partie des élus locaux, du Conseil départemental du Morbihan, de communes (comme Belle-Île ou AQTA) et d'associations (telles que Gardiens du Large). Des manifestations et des recours juridiques (recours gracieux et hiérarchiques déposés en 2026) contestent l'impact paysager sur le littoral, la proximité des zones classées (mégalithes de Carnac, Belle-Île), les répercussions sur la pêche artisanale, la biodiversité marine et le financement public du projet.
Voici quelques articles critiques sur cette technologie qui va entraîner une modification majeure de notre littoral :
Un article du Point, Éolien flottant : ces milliards jetés à la mer
