LA VÉRITÉ SUR BERDER

Le 6 mars 2020, Denis Bertholom, maire de Larmor Baden, accordait au groupe Giboire, propriétaire de l'île Berder, un permis de construire un complexe hôtelier de 91 chambres incluant notamment un restaurant, une salle de séminaire, des salles d’activité physique, une piscine, etc ... outre 97 places de stationnement.

Le 20 janvier 2026, la cour administrative d’appel de Nantes a définitivement annulé ce permis de construire et consacré le caractère d’espace remarquable pour l’intégralité de l’île.

Aujourd’hui, encore, certains nostalgiques de l’Hôtel de Luxe rêvent de cette solution confiscatoire au profit d’un groupe privé.

C’est impossible pour plusieurs raisons :

1) Parce que le recours au conseil d’État, toujours possible, n’est pas un troisième degré de juridiction : les juridictions suprêmes que sont le Conseil d’État et la Cour de Cassation ne rejugent pas les affaires au fond mais sanctionnent seulement les erreurs de droit.

2) Parce que l’arrêt de la Cour d’Appel de Nantes annulant le PLU aujourd’hui définitif a reconnu que :
« compte tenu de ses richesses écologiques, l’ile de Berder constitue un ensemble insulaire unique, emblématique du golfe du Morbihan et doit être regardée pour sa totalité comme un espace remarquable au sens du code de l’urbanisme. »

3) parce que le représentant du groupe Giboire propriétaire de l’ile prenant acte de cette décision, a déclaré : « l’hôtel ne se fera pas. »

4) parce qu’aujourd’hui, les seuls travaux qui peuvent être engagés sont des travaux de rénovation de l’existant, ainsi que des aménagements légers, à l’exclusion de toute extension du bâti ou toute opération d’urbanisation, telle que la création d’appartements.

5 ) parce que le droit de la propriété privée n’a pas un caractère absolu et qu’il doit céder devant l’intérêt général.

Or, au fil des procédures, l’OCDL Giboire a tenté diverses actions en violation des règles d’urbanisme ou de la protection de l’environnement, souvent avec la complicité active ou passive des pouvoirs publics et de la municipalité.

- elle a par exemple tenté de défricher partiellement l’île avec une autorisation préfectorale (vite retirée) en violation d’une interdiction judiciaire explicite;

- elle a détourné et interrompu le sentier côtier du tour de l’Ile qui est pourtant une servitude légale inaliénable;

- elle a commencé à transformer en appartements le bâtiment de la petite pêcherie ( dossier en cours );

- elle a détourné et transformé à son usage le bâtiment de la Grande Pecherie situé sur le domaine maritime ( changement des huisseries, cheminées, cuisine et 10 chambres …. ) sans permis de construire ni déclaration préalable.

Les documents de l’enquête que s’est procuré le Journal de Larmor & Baden montrent que le maire sortant Denis Bertholom était parfaitement informé de ces travaux de transformation … qu’il s’apprêtait à régulariser!

- le maire, sortant Denis Bertholom s’est encore illustré en fermant l’accès du public à l’île de Berder, à plusieurs reprises ( en 2020 puis en 2022, suite à des tempêtes qui se sont abattues sur Larmor Baden ) sous un prétexte fallacieux de sécurité.

Quant au préfet, il a refusé et refuse toujours de dresser contre le groupe Giboire procès-verbal de contravention pour occupation illégale du domaine maritime, malgré deux condamnations judiciaires assorties de l’exécution provisoire … et la poursuite de cette occupation illégale !

Le groupe Giboire pourrait certes rester propriétaire des lieux dans le strict respect de ses obligations : accès du public, respect du sentier côtier, libération du domaine maritime…

Mais il y aurait plus conforme à la réputation du groupe, plus intelligent et plus respectueux de l’intérêt général….

Pour le groupe Giboire , vendre l’île de Berder à la Commune de Larmor Baden avec à la clé le rachat par le Conservatoire du Littoral comme cela, s’est fait pour l’île Tristan en baie de Douarnenez dans une configuration analogue.

Il est vrai que le Conservatoire du Littoral, prêt à acheter Berder, ne peut avoir en charge la rénovation, l’entretien et l’utilisation des lieux. Car tel n’est pas son rôle qui est de préserver l’environnement et la biodiversité.

Là encore il faut regarder vers l’île Tristan où le département et la commune se chargent avec succès de la rénovation et du tourisme, ce qui n’exclut pas le recours à des opérateurs privés et surtout l’emploi de main-d’œuvre locale.

Aujourd’hui, l’île Tristan est à l’abri de la prédation immobilière privée.
Voir ici en fin de la page Wikipedia : Visites et transformations récentes.

Demain, pourquoi pas Berder, enfin et définitivement restituée à Larmor Baden et à l’intérêt général !