Numéro 5 - Avril 2021

Éditorial

À la suite de la dramatique noyade de l’un de nos concitoyens amoureux de Berder, Monsieur Bertholom, Maire de Larmor Baden, nous fait part de sa colère par la plume de Madame Isabelle Jegouzo en première page du journal Ouest-France du 31 mars 2021 (voir l'article ici).

Or, que nous dit Monsieur Bertholom à la suite de ce drame humain et familial : il n’exprime aucune compassion pour la victime et sa famille mais dirige sa colère exclusivement contre les 20 personnes qui ont fait une mauvaise appréciation des horaires de passage. Il exonère la commune de toute responsabilité en se référant au seul affichage des horaires de part et d’autre du passage.

Or, côté continent, on ne voit que deux panneaux d’affichage, le premier s’adressant à ses « Chers Larmoriens » et le second mettant en garde le public contre le fait de s’approcher à moins de 50 m de la tour en partie effondrée.

Que nous dit encore Monsieur Bertholom ?
Que près de 20 personnes sont restées bloquées sur l’île de Berder; qu’averti par le CODIS, il a demandé aux pompiers de ne pas se déplacer ! Que les gens bloqués à Berder peuvent attendre la renverse; que mettre en place un service de navettes coûterait une fortune à la commune; qu’il s’agit d’une île privée.

Toutes ces affirmations sont éminemment contestables :

Un service de navette pourrait être mis en place si la commune n’avait pas dépensé des sommes très importantes dans la construction d’une nouvelle mairie à hauteur de 1,7 millions d’euros.

À défaut, la commune aurait pu mettre en place une borne d’appel reliée à un groupe de bénévoles, au service du port et pourquoi pas au passeur de Berder, Monsieur Giboire, qui vante cette qualité pour pouvoir occuper le domaine maritime de la Pêcherie.
Une telle borne d’appel serait à coup sûr moins coûteuse que les dizaines de caméras numériques de surveillance financées à hauteur de 50 000 € par la commune. À Berder, il ne s’agit pas d’empêcher les vols, mais de sauver des vies humaines.

Pour compléter ce dispositif peu coûteux également, la commune pourrait faire installer sur les deux rives du passage des bouées qui pourraient être lancées par les riverains en direction des malheureux qui tenteraient de franchir le courant. Ou encore mettre à disposition du public une barque de sauvetage avec rames permettant de quitter l’ile en aval du courant.

Il paraîtrait utile de consulter la SNSM sur les dispositifs appropriés plutôt que de stigmatiser les victimes.

Enfin, Le maire complète son dispositif exonératoire de responsabilité en rappelant que Berder est une île privée !

Sauf que le domaine maritime inaliénable qui entoure l’île de Berder appartient à l’État et au domaine public. Sauf que le sentier côtier littoral qui fait le tour de L’île est une servitude légale inaliénable qui appartient à l’État et au domaine public. Sauf que le maire, responsable de la sécurité sur sa commune, doit prendre en compte la fréquentation de Berder et étudier les dispositifs adéquats de mise en sécurité du public.

Or, qu’a fait monsieur Bertholom, maire de Larmor Baden et candidat aux élections départementales, pour défendre les droits d’accès du public à Berder ? RIEN ! Il s’est contenté d’interdire l’accès à l’île pendant de nombreuses semaines sans justification réelle; d’autoriser un projet d’hôtel de luxe avec béton et parking; d’établir un sentier côtier qui traverse sa commune en évitant Berder, d’autoriser le propriétaire de l’île de berder à détourner le sentier côtier, à occuper le domaine maritime de la Pêcherie, à transformer un hangar de service en habitation au mépris de la loi littoral.

La commune de Larmor Baden et son maire, responsables de la sécurité dans la commune, n’échapperont pas à leur responsabilité présente et future en se contentant de stigmatiser les victimes potentielles.

La Redaction


À ce sujet ...

Le gué de l’île Berder, à Larmor-Baden, peut-il être mieux sécurisé ?

Le Télégramme, publié le 15 avril 2021

Dans l'éditorial d'avril, le Journal de Larmor et Baden revient sur la dramatique noyade du 29 mars à Berder. Pour son président, François Crezé, magistrat honoraire, on peut faire mieux pour la sécurité.

" ... C’est vrai qu’il y a un panneau de danger et les horaires de marée, mais il faudrait améliorer les choses. Beaucoup de gens connaissent les risques du lieu, mais avec le flux de touristes, il faut prévoir des mesures adaptées. Dans ma carrière de magistrat, j’ai eu àtraiter d’accidents, de sécurité, de santé publique. Ce qui s’est passé sur le gué de Berder me touche particulièrement. Il s’agit de vie humaine. "

Voir l'article ici


Giboire à Berder, un bien joli conte de fée !

L'Associaton Berder Ensemble nous communique un article sur le projet Giboire pour Berder :

"Ainsi donc, pour restaurer le patrimoine, un hôtel 4 étoiles sera créé avec son parc de 23 hectares tout autour, mais il sera accessible pour tous puisque le restaurant et les bars seront ouvert à tous publics..."

La réalité est bien différente !

M. GIBOIRE dit au mois de mars, interviewé par quatre étudiantes en dernière année de Licence Sciences, Écologie et Société de l'Université Bretagne Sud de Lorient qui ont choisi de choisir Berder et le projet GIBOIRE comme étude sur les conflits d’aménagement dans le cadre de leur matière Géopolitique de l'Aménagement :

« Il n’y a nullement bétonisation, bien au contraire. Il y a restauration du patrimoine, des jardins et de la vigne d’autrefois. », mais dans ce même interview « il prévoit une centrale à Béton sur Berder » ….

« L’aspect naturel de l’ile ne sera pas conservé. Je prévois des jardins, des potagers, car sur une ile quand on fait un hôtel, il faut occuper les gens » ….

A la question, pourquoi des parkings sur l’ile ? « C’est la législation qui l’impose, car dans la réglementation chaque chambre d’hôtel, doit avoir son parking. Donc pour 80 chambres, il faut 80 places de parking, plus ceux du personnel ». Total 97 places prévues…Il précise « que la rue de Berder devra être élargie pour pouvoir laisser tourner les camions, sur la gauche en sortant du gois. »

A la question des nuisances liées au chantier, il répond : « lorsque l’on construit, on est perturbant… »

Sur la question du prix des chambres, il rétorque : « Je construis un hôtel de standing, si je fais des chambres à 150€, je n’amortirais pas le coût des investissements »

Voir ici l'article complet ici